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CREATION D’UNE PROTHESE FACIALE TERMINATOR


Voici pas à pas la réalisation d’une prothèse pour maquillé un visage humain en un terminator abimé...

Création d’une prothèse faciale :

 

Commençons par le matériel :

- des outils de sculptures ;
- de la plastiline (pâte à modeler industrielle) ;
- un support en plâtre en forme de visage (ici ma trombine).

J’applique de la plastiline sur le visage pour donner la forme de la structure métallique du terminator. Le principe est de faire le visage abimé du terminator avec l’oeil electronique visible. Le problème d’une prothèse, c’est qu’il s’agit toujours d’un rajout sur la peau de l’acteur. Il faut donc tricher un peu pour donner de la profondeur. Lorsque l’on ne peut plus rajouter de prothèse parce que sinon l’acteur peut se retrouver avec une tête disproportionné, on passe en général aux marionnettes animées mécaniquement et électroniquement (animatronique). Ce qui dans le cas d’un terminator permet de voir la structure mécanique de l’endoskeleton en dessous... De nouvelles techniques de maquillages combinées à la 3D permettent maintenant de nouvelles choses.. mais restons en à notre systéme D bien efficace et pas cher...

Le plus dur est de créer des lignes droites et bien propre correspondant à une structure mécanique :

L’œil mécanique n’est pas très épais car si il l’est de trop, il va dépasser de l’arrête du nez et l’effet sera ridicule. La prothèse doit être la plus fine possible. La peinture donnera la profondeur finale à la prothèse...

J’ai installé autour de l’oeil la chair déchiquetée :

J’ai gardé une partie des paupières parce que je trouvais que c’était sympa ce côté un peu gore....

J’ai commencé à rajouter la grain de la peau sur la partie humaine...

Une fois le modelage fini, je dispose un petit mur de plastiline tout autour à environ 1 cm du bord du modelage...

A l’intérieur de ce mur, je passe une légère couche de vaseline sur tous les endroits ou le plâtre du visage qui sert de base est apparent. En effet, si je fait un moule en plâtre et que celui ci se trouve en contact avec du plâtre du visage, il risque de coller et on risque de ne rien pouvoir démouler ou de casser le moule.... Dans tous les cas, tout serait fichu.... La plastiline étant à base d’huile, il n’y a aucun risque qu’elle adhère...

C’est parti pour le moulage en lui même, la première couche de plâtre est faite au pinceau doux avec un plâtre onctueux (comme du yaourt mélangé) qui a été tapotée sur sa basse pour virer les bulles d’air... Il faut bien en mettre partout, dans tous les recoins et insister sur les détails pour que tout soit parfaitement reproduit.

Une fois que cette première couche est presque sèche, c’est à dire dure au toucher mais pas encore en cours de chauffe, (Oui le plâtre chauffe dans sa dernière phase de séchage. Il chauffe vraiment beaucoup avant de devenir bien dur), on met une seconde et dernière couche de 2 cm mini pour être sur qu’il soit assez résistant. Là, le plâtre peut être assez épais et étalé à la spatule. Attention cependant à ne pas toucher la sculpture en dessous même avec la première couche de plâtre car elle est encore fraiche mais surtout assez fine...

On va laisser sécher tout ce petit monde. Surtout ne pas se précipiter parce que c’est là qu’arrive les drames souvent. Minimum une bonne heure...

Le démoulage s’est bien passé. On a une bonne prise d’emprunte. Bien sur, le modelage en plastiline est fichu, (même si là sur la photo, il est bien conservé) mais si le moule est réussi, pas d’inquiétude. Il faut vérifier si il ne reste pas des petits bouts de plastiline coincés par ci par là dans le moule...

Voici en détail, le moule aussi appelé négatif du modelage du terminator... Prochaine étape, la coulée du latex....

Préparation du latex : le latex en séchant devient jaune orangé légèrement translucide. En ce qui me concerne, je tenais à le teinter afin d’avoir une prothèse en latex de couleur dèjà chair ou proche en tous cas. Ma technique est de mélanger un peu de teinte faite d’eau et de peinture acrylique.

Pour commencer, je blanchis le latex en lui rajoutant une teinte de couleur blanche. Je fais des tests en commençant avec une cuillère à soupe pour environ 250-300 ml de latex. Je mets dans le moule une petite quantité de latex et je mets au four à 60 degrés. Il suffit de surveiller en 10-15 mn, le latex est sec et on voit si la teinte est bonne ou pas. Je rajoute ensuite une cuillère à soupe de teinte marron.

Et je refais une cuisson. Sur ce coup là, deux cuillères à soupe ont été nécessaire. Même si la technique est longue. Y aller petit à petit permet de ne pas se planter. Si vous teintez trop, vous ne pourrez pas retourner en arrière... Sur cette dernière image, voici le résultat de mes deux tests. A gauche le latex teinté en blanc et à droite avec la teinte marron.

La teinte est bonne, en avant pour la coulée du latex.

Le latex est coulé jusqu’à remplir presque le moule. Environs 1 à 2 cm du bord. Il faut veiller à ce que le latex pénètre bien partout. Ne pas hésiter à étaler au doigt et à tapoter le moule pour faire sortir les bulles.

Petit à petit, le latex va s’épaissir partout. La prothèse doit être fine au bord puisqu’elle devra être coller sur la peau... En général je laisse reposer 1/4 d’heure puis j’étale à nouveau au doigt du latex sur le bord.... Lorsque la couche de latex est assez épaisse, je vide le surplus et sois je laisse sécher à l’air libre (le latex contient de l’ammoniaque et est très volatile) ou pour une petite prothèse comme là, au four à 50 degrés jusqu’à ce que le latex est pris sa teinte définitive... Voila, c’est cuit, à table !

Et maintenant, impatient de voir le résultat, vous vous précipitez pour démoulé et patatra, le bord de la prothèse vient à toucher un autre bord et s’autocolle... ça peut déterriorer la prothèse, donc avant toute chose, un peu de talc partout sur le latex sec.

Voila, la prothèse est ok... quelques petites bulles de rien à retoucher au latex....

Dernière étape, la peinture... Pour le métal, j’ai pris une peinture pour maquette en petit pot Humbrol et bien je croyais qu’elle allait craqueler avec la souplesse du latex mais non, impeccable ! Un petit jus noir pour creuser tous ça... et un petit peu de rouge sur l’œil , on rajoute plusieurs nuances de rouge pour la chair. puis de la peinture pour vitrail rouge qui reproduit parfaitement le sang frais et brillant.

Et voila, la prothèse est prête à être posée...

Pose de la prothèse sur un visage humain :

 

Notre modèle Riddick est tout à fait détendu et serein. Il ne sait pas ce qui l’attend...

Première étape :

 

Je pose la prothèse sur le visage afin de vérifier si elle s’ajuste bien à sa morphologie sachant qu’elle a été sculpté sur mon visage en plâtre à la base...

La prothèse est maintenant collée au latex pur sur le visage. Le mieux est d’utiliser une colle médicale spéciale pour prothèse mais elle coute chère et est surtout utile lorsqu’on a besoin que la prothèse tienne très longtemps et dans des conditions plus difficile. Là, c’etait juste une démonstration... Riddick à quand même gardé sa prothèse de 11 h à 17 h environ sans qu’elle ne se soit décollée... Le latex était donc suffisant.

Afin d’accélérer le processus de séchage et de collage du latex, j’utilise un sèche cheveux...

Deuxième étape :

 

On va attaquer le joint pour fondre la surface de la prothèse avec la surface de la peau... Le raccord se fait au latex et papier essuie-tout pour les endroits ou le bord de la prothèse ne fond pas assez bien avec la peau. C’est pourquoi, il est primordiale que le bord de la prothèse soit super fin...

après séchage au sèche-cheveux, la prothèse est posée et sèche. Il faut maintenant passer à la phase la plus importante pour donner la crédibilité à la prothèse : la peinture.

J’utilise une palette Kryolan waterprof. C’est une peinture spéciale pour la peau qui adhère parfaitement à la prothèse. L’avantage de ces peintures c’est qu’elles résistent à l’eau donc à la transpiration, au sang synthétique, etc...

Je commence déjà à faire mes mélanges de couleurs pour obtenir la couleur de la peau du modèle. Une fois cela fait, je peint la prothèse et le pourtour de la peau proche de la prothèse sur 1 cm environ en fondant la teinte avec le reste de la peau. Pour cette prothèse je rajoute aussi des teintes violacées pour faire des effets d’hématomes autour de la chair déchirée... Une fois la peinture terminée, je passe une poudre de riz couleur chair pour enlever le côté brillant de la prothèse et la « matifier ».

Dernière étape : rajouter du sang pour accentuer la plaie.

 

 

La recette du sang ? Sirop de grenadine, miel, colorant alimentaire, et café soluble. Le principe est de commencer à mettre quelques gouttes de colorant alimentaire rouge dans le sirop. Ça teinte très vite, attention testez ce mélange sur votre peau, il ne faut absolument pas que la teinte reste incrustée sur votre peau lorsque vous rincez le mélange car si vous appliquez du sang sur votre modèle et qu’une fois démaquillé il reste rouge pendant une semaine, je suis pas sur qu’il y revienne...

Rajouter du café soluble dissout dans un pot d’eau pour donner une teinte orangé marron à votre sang. En fait le meilleur test pour votre sang, c’est de le tester sur votre peau, de la frotter et de voir le résultat que ça donne. C’est toujours comme ça que je fabrique mon sang.

Et voila votre terminator est prêt à terroriser les foules.... ou à vous piquer vos vêtements, vos bottes et votre moto....

Un petit bonus avec les photos de nos deux autres membres, Thierry et Marc en Terminator....

Par Philippe Desbordes-droit

 
 
 
 
 
   
 
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